Manipulation de l'histoire par l'image : "Hitler dans mon salon"
Rien que pour lire les chroniques d'Alain Koskos, il faudrait prendre un abonnement chez Arret sur Images !
L'une des dernières publiées s'intitule : "Des barbares comme vous et moi", au sujet de l'Album "Hitler dans mon salon, photos privées d'Allemagne".
Un article qui dénonce - en images - les distorsions que peut subir le "devoir de mémoire"...
Extraits (Sans les images & photos insérés dans l'article) :
Les éditions Les Échappés, créées par Charlie-Hebdo, publient un album intitulé Hitler dans mon salon, photos privées d'Allemagne, 1933-1945. De quoi s'agit-il ? Des centaines de photos prises par des soldats allemands et collectionnées par Riss, directeur de la rédaction dudit hebdo.
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En trois lignes, le ton est donné. Rien ne différencie plus ce soldat de votre père, et assurément ses photographies pourraient figurer dans votre album de famille
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« C'est la grande leçon et la vertu de ce recueil. Les barbares étaient des humains comme vous et moi. Ne pas l'oublier est le premier enjeu du devoir de mémoire. »
Et voilà ! Emballez, c'est pesé. Le devoir de mémoire consiste désormais à se souvenir sans cesse que ces assassins auraient pu être vous ou moi. Des gens dont on peut comprendre, expliquer les comportements : « Ils aiment ou ils se résignent à Hitler. Ils pensent qu'il a raison de dire ce qu'il dit, de faire ce qu'il fait. Ou bien ils font semblant de le penser (…) ils sont ordinaires. »[...]
« Les barbares étaient des humains comme vous et moi. » Vous savez bien qu'on ne peut rien opposer à cet argument. L'avantage, c'est que l'écrire, le répéter à longueur de ligne permet d'évacuer toute autre question.
Enfin tout de même, il y a des "comme vous et moi" qu'il faut prononcer très vite parce qu'à l'évidence, il existe deux sortes d'humains. C'est ce que nous rappellent les deux parties de l'ouvrage : la première, titrée NOUS AUTRES, montre la vie de ces braves SS qui faisaient de jolis feux de camp dans les années 30 avant de s'en aller délivrer l'Europe du bolchevisme et de la pieuvre juive.[...]
La seconde s'intitule NOUS ET LES AUTRES. Les autres, ce sont les Tziganes, les Juifs, et tous ceux qui vont passer à la casserole. « Plus le temps passe, plus les photos de famille des uns et des autres deviennent des photos communes à tous », nous serine la préface. A tous, oui, à condition de n'être ni Tzigane ni Juif ni communiste.
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Car l'ordonnancement du livre suit le même but que la préface : nous encourager à nous identifier aux braves soldats allemands qui n'ont fait qu'obéir aux ordres et qui ont vu bien des horreurs.
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Surtout pas à leurs victimes ou à leurs descendants. A ce "NOUS", et pas à ces "AUTRES", pendus, gazés, brûlés ou fusillés, qui n'ont pas été fichus de constituer des albums photos pour la postérité, c'est vrai quoi, merde, qui a une photo de son grand-père en pyjama rayé made in Auschwitz ou Buchenwald, hein ? Qui ?
